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La religion, phénomène humain

Lundi 12 mai 2008

"(...) Jupiter très bon et très grand supporte les inepties des poètes, dont l'un lui met des ailes, un autre des cornes, un autre en fait un adultère qui découche, un autre le fait cruel envers les autres dieux, un autre injuste envers les hommes, un autre ravisseur et corrupteur de gens libres et même de ses proches, un autre parricide et usurpateur d'un trône qui n'était pas à lui et appartenait à son père. L'effet de tout cela n'était rien d'autre que d'ôter aux hommes toute honte de mal faire s'ils avaient cru que les dieux fussent tels."

          Sénèque, "La Vie heureuse", XXVI, 6.
      
  
      

L'anthropomorphisme religieux et ses effets

anthropomorphisme :

Du grec anthropos, homme, et morphê, forme.
Tendance à attribuer aux objets naturels, aux animaux et aux créations mythiques des caractères propres à l’homme.

(Larousse)

Lien vers une page de la revue Etho-logique qui mentionne cette définition de l'anthropomorphisme par le Larousse :
link 

L'anthropomorphisme peut être d'ordre physique ou psychologique.

L'anthropomorphisme physique appliqué à une divinité consiste à lui attribuer un corps, ou à lui attribuer un ou plusieurs organes (par exemple, des yeux) ou membres (par exemple, des mains). Les religions qui mettent fortement l'accent sur la transcendance divine (Judaïsme, Islam) récusent violemment toute forme d'anthropomorphisme physique, et cherchent à souligner que Dieu ne saurait ressembler à aucune de ses créatures, pas même à l'être humain ; selon cette conception, attribuer un corps à Dieu, c'est Le ramener au niveau limité de Ses créatures.
Or les textes de ces religions de la transcendance comportent des expressions qui semblent à première vue attribuer un corps à la divinité. Par exemple, il est question dans le Coran des "mains" de Dieu, et aussi du "Trône" de Dieu (d'Allah, pour être plus précis). Il s'agit bien entendu d'expressions métaphoriques, mais certains Musulmans qui prennent le Coran au pied de la lettre se laissent troubler par ces passages qui leur semblent aller à l'encontre de la transcendance divine.

Cet anthropomorphisme physique ne nous intéressera pratiquement pas dans la suite de cet article ; en effet, il semble bien moins subtil, ambigu, potentiellement dangereux ou bénéfique que l'
anthropomorphisme psychologique appliqué à une divinité.

En quoi consiste donc l’anthropomorphisme psychologique appliqué à une divinité ? C’est attribuer à cette divinité des caractéristiques de l’âme humaine, avec des émotions, une certaine sentimentalité, et surtout un ego aux tendances insatiables, potentiellement violentes, rancunières et vengeresses ; un dieu qui veut avant tout être obéit, et « honoré » par l’accomplissement de rites.  

Ici, il convient de poser LA question qui s’impose clairement : une telle entité peut-elle être divine, si tant est qu’elle existe en présentant de telles caractéristiques ?  Si une telle entité est à la fois puissante et dépourvue de qualités morales extrêmement élevées, alors quelle différence morale y a-t-il entre une telle entité et un tyran humain ?  La grande puissance sans morale très élevée n’est-elle pas monstrueuse ? N’est-il pas naturel de la redouter si l’on croit qu’elle existe ?  Comment croire qu’une entité moralement aussi « rase-mottes » et « moche » puisse être à l’origine d’un monde aussi complexe et beau que le nôtre ? Est-ce bien du respect et de l’amour qu’une telle entité mériterait de notre part ?  N'est-il pas courageux et noble de la rejeter (clin d'oeil aux athées) ? Mais surtout : une telle entité existe-t-elle, ou est-elle le fruit de nos projections laides, qui nous masquent la beauté pure et glorieuse qui pourrait couronner une vraie divinité ?

Voici, dans le droit fil de LA question, quelques citations d'Epicure, philosophe de la Grèce antique - ce qui est entre parenthèses est un ajout de Jonas en sa baleine, capitaine tâtonnant de ce blog- :

"Pense d'abord que la divinité est un être vivant, indestructible et bienheureux... et ne lui attribue rien qui ne s'accorde pas avec cette béatitude".

"L'être bienheureux et incorruptible n'a pas de soucis, et n'en suscite à personne ; ainsi il n'est sujet ni aux colères, ni aux bienfaits (tout au moins s'agissant de bienfaits venant d'un sentiment d'être l'obligé de quelqu'un -on "n'achète pas" la divinité-, ou d'un sentiment de culpabilité). Car tout sentiment de ce genre naît dans un être faible".

"L'impie n'est pas celui qui nie les dieux de la foule, mais celui qui applique aux dieux les opinions de la foule".

"La prière est appropriée au sage, non que les dieux s'irritent si nous ne la faisons pas, mais par réflexion sur leurs natures supérieures en puissance et en excellence".

Fin de LA question.

 

Je retourne à la description de ce que peut donner une projection de nos limites et travers humains sur la divinité. On se retrouve alors avec un dieu à « l’amour » conditionnel, et dont le discours peut être résumé ainsi : « Je t’aime et te bénis si tu M’obéis ; si tu me désobéis, je t’enverrai tous les malheurs du monde et ainsi je te pourrirai la vie et te ferai la peau »… Lire à ce propos, dans la Bible, ce que Dieu dit (soit-disant) au peuple d’Israël : Deutéronome 28 pour les bénédictions si les Hébreux obéissent à Dieu, et Deutéronome 29 pour les malédictions si les Hébreux lui désobéïssent… On a affaire à un dieu jaloux, et qui n’hésite pas à le dire explicitement ! (Ainsi, dans la Bible : Exode 20, v 5, et aussi Deutéronome 5, v 9).

Par analogie, on peut dire que de tels versets à la justification de crimes passionnels, il n’y a qu’un pas…    Et de tels versets à la justification théologique des pogromes et du génocide contre les Juifs, il n’y a aussi qu’un pas... qui a déjà été franchi aussi bien par certains « chrétiens » … que par certains Juifs religieux qui estiment que leurs coreligionnaires persécutés et massacrés ont été punis par Dieu pour ne lui avoir pas vraiment obéi, c’est-à-dire pour s’être permis d’être insuffisamment religieux ! Les religieux chrétiens et musulmans invoqueront quant à eux parfois certains textes « sacrés » pour expliquer que ce que le peuple juif a subi vient du fait qu’il s’entête à ne pas se convertir… et pas, comme par hasard, de l’intolérance et des préjugés terribles à l’encontre des Juifs ---intolérance aux racines religieuses, tant dans le monde « chrétien » que dans le « monde musulman »  (oui, je sais, il y a des versets tolérants dans le Nouveau Testament et dans le Coran, y compris envers les Juifs ; le problème, c’est qu’il y en a d’autres bien moins sympathiques, et en écrivant cela, je fais de la litote ! )---.

Parenthèse -- Certains pourront voir dans cette interprétation tordue et monstrueuse de religieux (pogromes et génocide « justifiés » puisque venant soi-disant de la « Justice de Dieu ») un exemple parmi tant d’autres du fait que la religion n’apporte pas forcément la sagesse et le discernement ; ce qui apporte sagesse et discernement, c’est une passion indéfectible pour la vérité ainsi que de l’humilité et du courage pour aller auprès de multiples « (res)sources », y compris opposées, pour écouter, apprendre, réfléchir –en sachant que la capacité de raisonner logiquement nous a été donnée par la divinité pour qu’on en fasse usage-, expérimenter, et remettre en question notre univers mental et nos points de repère.                                                                                                                                                     N.B. :  évoquer « la vérité » n’exclut pas, à mes yeux, la multiplicité de facettes de cette vérité, ni son évolutivité sous plusieurs aspects- ; rappelons aux religieux que cela pourrait contrarier que dans ce monde matériel, ce qui n’évolue pas n’est pas vivant, et que si nous sommes placés par la divinité dans ce monde matériel, ce n’est pas pour lui tourner le dos, mais pour vivre noblement en son sein, et qu’il appartient à chacun de trouver et choisir personnellement de quelle façon il peut vivre avec une telle noblesse –cette noblesse étant l’esprit même de la vie religieuse ou « spirituelle »-.

 



"Nul ne se trompe seulement pour son propre compte, mais il est la cause et l'auteur de l'erreur d'autrui. Il est nuisible, en effet, d'être attaché à (aux croyances de) ceux qui nous précèdent : chacun préférant croire plutôt que juger, on ne porte jamais de jugement ("personnel") sur la vie, on est toujours dans la croyance ; et l'erreur transmise de main en main nous remue en tous sens et nous mène à notre ruine".

       Sénèque, "La Vie heureuse", I, 4. Les mots entre parenthèses sont ajoutés par Jonas en sa baleine, capitaine tâtonnant de ce blog.



Conséquence humaines négatives de l’anthropomorphisme psychologique appliqué à une divinité.

 Les humains conditionnés par une religion présentant ces caractéristiques d’anthropomorphisme se sentent potentiellement menacés par leur divinité, et ne peuvent vivre sereinement qu’au prix de rituels superstitieux : du sacrifice –parfois sanglant- aux offrandes  de  fruits et de fleurs, en passant par les dons d’argent, les pénitences, les prières, les jeûnes et les pèlerinages. Bref, ces religieux superstitieux ne peuvent pas vivre heureux d’une façon naturelle : seul l’accomplissement de rites leur donne accès à une certaine paix intérieure, voire à une assurance et à la satisfaction de se savoir sur LA bonne voie (hélas pas « sur l’UNE DES bonnes voies », d’où conflits, abus et souffrances), et de pouvoir se permettre le luxe (dangereux) de ne plus douter…

Je parle de religieux « superstitieux », car les religieux ne sont pas tous autant victimes de tels conditionnements. Par exemple, en France, il y a heureusement bien des croyants de culture catholique qui prennent leurs libertés vis-à-vis du Catéchisme de l’Eglise catholique et vis-à-vis des recommandations du Pape (par exemple en pratiquant le concubinage, et en utilisant les préservatifs même au sein du couple) tout en sachant que cela ne les mènera nullement en enfer, et que Dieu lui-même ne réprouve pas leurs choix !

Comme le chantait Stevie Wonder dans son tube « Superstition » : « When you believe in things that you don’t understand, then you suffer » (quand tu crois en des choses que tu ne comprends pas, alors tu souffres).

Car  les croyances ne sont pas toutes inoffensives… Chaque individu devrait pouvoir examiner librement les croyances fondamentales qui lui ont été présentées –même quand elles sont censées être des « paroles de Dieu »-, et pouvoir les remettre en question à sa façon, dans le respect de lui-même et d’autrui. Il ne s’agit pas de s’opposer par principe aux enseignements religieux, mais de pouvoir ne pas les accepter a priori, de pouvoir au contraire les examiner librement et faire nos choix, qu’ils soient conformes ou non avec ces enseignements. Si la divinité est vraiment divine, Elle nous aime, et respecte notre liberté et notre cheminement, avec les risques que cela comporte ; Elle ne veut pas nous mettre sous une chape de plomb de religiosité bigote qui lie ses victimes dans du prêt à penser, du prêt à ressentir, etc…, bref dans des préjugés. (Ce que j’écris dans ce blog vient en grande partie de ma propre expérience… Je conseille vivement à ceux et celles qui vivent en milieu religieux et qui veulent se respecter en exerçant courageusement leur libre-arbitre et en écoutant leurs saines soifs… de mener, au moins dans un premier temps, leur quête dans le secret le plus total, afin de se protéger et de pouvoir parcourir leur chemin sans entraves ; c’est encore plus indispensable si la personne qui veut mener cette quête se trouve dans une situation de dépendance -par exemple une dépendance économique-, à l’égard du milieu religieux dans lequel elle évolue. Oui, j’insiste : que cette quête soit son aventure en même temps que son jardin secret !  Bien entendu, ces chercheurs et chercheuses peuvent chacun prier Dieu comme ils le faisaient auparavant, ou différemment s’ils en éprouvent le besoin et s’ils sont seuls –à moins qu’ils sachent prier intérieurement, sans prononcer aucun mot, dans une totale discrétion ; vous pouvez par exemple prier intérieurement en faisant la vaisselle ou le ménage ! Il n’y a qu’une immense liberté avec Dieu, dès lors qu’on se tourne vers Lui en toute sincérité-. Et surtout, que ces chercheurs et chercheuses gardent bien en mémoire que Dieu, bien loin de les maudire, les bénit et les accompagne dans leur quête).

On l’a vu plus haut : certaines des croyances assez répandues dans le monde et qui sont loin d’être inoffensives viennent précisément de notre acceptation irréfléchie, sous le conditionnement familial et/ou communautaire et culturel, de l’idée (inconsciente) que Dieu présente bien des caractéristiques psychologiques humaines.


Autres conséquences humaines « en cascade » de l’anthropomorphisme appliqué à la divinité :

Les religieux superstitieux sont installés dans leur train-train sécurisant de superstitions –et de rites qui marquent leur soumission à la divinité et qui leur permettent de se sentir « appaisés » (on peut considérer   –discrètement-- à leur propos qu’on a affaire à une sorte de business bas de gamme :  « soumission à 2 balles, bonne conscience à 2 balles, discernement à 2 balles, et paix à 2 balles »).

En plus, comme ils passent généralement le plus clair de leur temps libre à se fréquenter (lieu de culte, réunion d’étude religieuse et/ou de  prière, actions de prosélytisme en groupe), ils se confortent les uns les autres dans leurs certitudes, et ils se sentent existentiellement comme dans un nid douillet.

La vie areligieuse leur semble dangereuse (je ne préconise pas particulièrement la vie areligieuse, mais pourquoi la percevoir comme essentiellement dangereuse et la présenter trop souvent comme systématiquement impie voire débauchée ? Les religieux n'ont pas le monopole de la conscience morale, et certains agnostiques et certains athées sont des personnes admirables, pleines de qualités morales.
L’être humain est (parfois potentiellement) rempli de qualités et d’atouts ; il peut apprendre une multitude de choses, de comportements, etc… Il peut même parfois métamorphoser son regard et sa vie intérieure, voire extérieure ! Ne peut-il apprendre à se diriger dans le monde ? C’est Dieu qui lui a donné cette capacité, afin qu’il l’utilise !). Et en dehors de leur communauté, les religieux superstitieux trouvent le "monde", qui leur paraît hostile -ou comme un terrain de lutte prosélyte-, car il ne se soumet par à leur divinité, il ne se reconnaît pas dans les rites avec lesquels ils ont la prétention d'honorer la divinité (la divinité telle qu’elle leur a été présentée, qui peut différer sensiblement de la Divinité véritable). De tels religieux superstitieux payent donc un prix –leur formatage mental et leur pratique religieuse- pour le maintien de leur ordre psychique et pour leur paix intérieure.

Ils ne se contentent malheureusement pas de cela !

Inconsciemment, ils ne peuvent supporter de voir que quelqu’un puisse être plutôt en paix et heureux sans être religieux comme ils le sont, ou sans recourir à leur religion, voire dans certains cas sans recourir à une religion quelle qu’elle soit. C’est l’une des raisons (je n’aborde pas ici cette autre raison : le maintien de l’identité religieuse au sein d’une famille) pour lesquelles ils s’efforcent de convaincre les autres, en commençant en général par leurs proches  –notamment les membres de leur famille-, mais espèrent que toute la société, voire un Etat et même le monde entier, vont rejoindre leur communauté religieuse. Inconsciemment, ils ne veulent surtout pas avoir souffert, fait certains renoncements, observé une discipline, payé un prix, etc… pour rien ! Il peut exister, de façon inconsciente et très dissimulée, un aspect « vengeur » dans ce prosélytisme : « j’ai renoncé à ceci et cela, observé des règles religieuses, etc…,  et je voudrais que les autres fassent de même, pour que nous soyons tous logés à la même enseigne ». En étant prosélytes, ils confortent leurs propres convictions et leur sensation d’avoir fait LE bon choix…   Ce qui augmente leur assurance et leur satisfaction.

De plus, ils cherchent, avec une forme de paternalisme tyrannique, à partager leur religiosité --qui représente pour eux la principale source de satisfaction, et qui les assure un peu facilement d’avoir trouvé un « sens » à leur vie-- (parenthèse : la vie vraiment vécue n’a-t-elle pas un sens en elle-même, dès lors qu’on s’efforce d’être responsable et à l’écoute ? alors pourquoi vouloir lui trouver un sens a priori ?). Ils se sentent ainsi « responsables », « généreux », « ouverts », et « serviteurs de Dieu » !

 Et ce faisant, ils « empoisonnent » allègrement les personnes qui sont sous leur coupe ou leur influence, et qui auraient besoin d’un peu d’ « air » ! Il leur faut à tout prix perpétuer les mêmes repères et modes de vie ; c’est pire qu’une chaîne de montage à l’usine ! Où sont la liberté individuelle, le respect de la personne, la confiance en nos capacités ? Ces capacités nous ayant été données par Dieu (je parle du point de vue religieux, pour être compris par les religieux ;  cela dit,  mon langage est celui d’un religieux non pas superstitieux, mais libre), c’est douter de Dieu que de douter de ses dons, quand il s’agit de les utiliser dans les situations normales de la vie.

Voici encore deux exemples négatifs de ce que l’être humain peut faire pour échapper à ses peurs superstitieuses concernant une divinité tyrannique et susceptible :

     -  le confessionnal -dans le Catholicisme-, où l'on confie parfois à un être humain ce qu'aucun être    humain ne devrait entendre au regard du respect de l'intimité personnelle (car cette intimité se trouve parfois violée du seul fait de la confession, même si le prêtre respecte le secret de confession ; ceci sans nier que certaines personnes se sentent vraiment mieux après s'être confessées, se sachant "pardonnées" selon les mots de la Bible : "Si vous confessez vos péchés, Il est bon et juste pour vous pardonner, et vous purifier de toute iniquité").

      -  les indulgences, pratique moralement très discutable, qui relève du marchandage et des privilèges de caste, qui a subsisté assez longtemps dans le Catholicisme.


Aspects positifs de l'anthropomorphisme appliqué à une divinité :

  • une divinité relativement semblable à nous, c'est-à-dire qui peut parfois nous comprendre, et faire preuve de compassion envers nous.                            

Mais là encore, on peut se demander au préalable si l'on a vraiment affaire à une divinité : en effet, si une entité se trouve soumise aux limites, manques, craintes et souffrances, en quoi est-elle une divinité ? Peut-être par ses vertus supérieures de droiture, de discernement et d'amour ? Ce serait le cas de Jésus, selon le Christianisme : incarné volontairement, et devenu ainsi vulnérable aux souffrances -du corps, mais aussi de l'âme-, Il nous comprend, nous autres humains, et peut se montrer authentiquement compatissant à notre égard ; ses  paroles d'amour, d'encouragement et de morale ont les accents d'une vérité qui est à même de nous toucher. De même, les avatars -c'est-à-dire les  incarnations successives de divinités "hindoues"- s'incarnent par compassion, pour guider l'Humanité et lui faire du bien en lui apportant des références sûres et une bonne énergie ; ainsi les principaux avatars du dieu Vishnou : Rama(chandra), héros du Ramayana, et Krishna, guide du héros humain Arjuna dans la Baghavad-Gita).   Il est assez "facile" d'aimer sincèrement une telle divinité, qui peut représenter aisément les plus beaux aspects de nous-mêmes, ainsi que nos idéaux et nobles espoirs. Dans le Christianisme, l'incarnation fraternelle du Christ, d'Emmanuel (Im Anou El = Avec Nous Dieu), tempère la majesté si haute, lointaine et écrasante de la Divinité transcendante (à titre de comparaison, le Judaïsme nous présente un Dieu plus essentiellement transcendant, mais qui cherche à guider et soutenir les humains, et qui devient parfois l'ami de tel ou tel être humain, n'hésitant pas à se lier par des relations et engagements envers tel ou tel   individu ; quant à Allah, le Dieu que nous présente l'Islam, Il est encore plus transcendant : s'Il est présenté comme miséricordieux au début de presque  toutes les sourates du Coran, Il ne se lie jamais vis-à-vis de l'être humain : il n'y a que Lui, le totalement souverain, qui décide ce qui Lui plaît -par exemple égarer certains humains en les faisant sombrer dans la confusion, pour les condamner finalement à un enfer de tortures éternelles-).

                                                                                                                                             NB : Certes, Jésus ou encore les avatars de l' "Hindouïsme" ont été dotés d'un corps, mais l'accent est mis par les textes "sacrés" et les traditions sur leur être éternel. Autrement dit, leur incarnation, que l'on peut considérer comme une sorte d'anthropomorphisme physique, ne porte pas préjudice à leur caractère de divinités éternelles. Et si cette incarnation peut sembler réduire leur pouvoir, il faut garder à l'esprit que selon les textes et traditions, les divinités incarnées nous enseignent à dépasser notre ego et ses craintes, à ne pas utiliser la violence pour satisfaire notre ego, et à prendre soin de nos âmes, à les ennoblir, à les considérer comme plus précieuses que notre corps. Dans une telle perspective, les pouvoirs surhumains sont sans intérêt.                                                                                                                                                                      

  • une divinité qui peut devenir une sorte d'ami(e) au quotidien.

Elle peut le devenir d'autant plus qu'on la sait amicale, à notre écoute, et qu'on est touché par son incarnation qui lui a fait quitter sa gloire et son invulnérabilité (puisqu'ayant un corps, elles peuvent souffrir) par amour pour les humains. C'est ainsi que par une "interaction" quotidienne, le regard et la vie d'une personne peuvent changer positivement.

par Jonas en sa baleine publié dans : DIEU LIMITE, CALOMNIE, etc... PAR L'ETRE HUMAIN communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 19 avril 2008
Avertissement 1 : les prises de position sur l'euthanasie exprimées dans cet article ne constituent qu'une vision personnelle, et ne sauraient être interprétées comme un encouragement adressé à telle ou telle personne pour qu'elle exerce l'euthanasie à l'égard d'une autre personne. Chacun est responsable de lui-même et de ses choix. Si cet article influençait quelqu'un en situation de pratiquer l'euthanasie à la demande d'une personne souffrante (car il n'est question que de cela dans cet article), la décision finale lui revient. On ne peut empêcher la libre expression des idées sur ce sujet, ni leur circulation, et cet état de fait ne déresponsabilise aucune personne pour ses choix et ses actes.
Cet article ne constitue qu'une courte analyse, pour tenter de faire évoluer les mentalités, de démasquer les idées reçues, et pour contribuer modestement à la lutte pour obtenir des aménagements légaux qui rendent la société plus humaine envers les personnes qui souffrent beaucoup.

Avertissement 2 : dans cet article, j'adopte souvent une optique religieuse. Cela ne signifie pas que cela soit mon optique personnelle, mais cette approche est nécessaire, puisque ce sont des idées religieuses qui s'opposent à l'euthanasie. Je pense en effet que ces idées religieuses sont erronées, y compris du point de vue de la religion, et c'est ce que je vais tenter de démontrer.

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En ce début de XXIe siècle, dans plusieurs pays développés, on en est encore au stade du débat sur l'euthanasie !
Il faut certes passer par ce débat, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est dramatique que l'on ne soit pas plus avancés en la matière !

Qu'il faille protéger contre les violences, manipulations et autres abus des personnes handicapées, affaiblies, dépendantes, c'est une chose.
Mais cela ne doit pas conduire à refuser l'apaisement par la mort à des personnes qui souffrent beaucoup, surtout quand il y a peu ou pas d'espoir d'échapper à cette souffrance.
La société ne peut faire porter à ces personnes souffrantes le poids de ses déficiences en matière de protection des personnes faibles et dépendantes.

Si des personnes qui souffrent beaucoup
demandent
la mort, elles doivent être écoutées et "exaucées" (sur la question de l'intensité et du caractère insupportable de la souffrance, le jugement de la personne souffrante prime sur celui de quiconque, car on ne peut pas se mettre à la place de l'autre, s'agissant de maladie ou d'accident que l'on n'a pas vécus dans sa chair ; quant à la position et l'attitude -par exemple d'obéïssance religieuse, ou encore "stoïque", ou "héroïque"- d'une personne souffrante d'un mal particulier, elles n'engagent qu'elle, et ne sauraient être opposées à d'autres personnes souffrant du même mal).

Le refus d'une euthanasie alors qu'elle est demandée par une personne  souffrante constitue un abus et une violence contre elle.
Pour dire les choses plus précisément : il s'agit d'un crime, même si la loi actuelle ne considère pas les choses ainsi, car elle se trouve fortement conditionnée par une culture qui, à travers les siècles, a entretenu la peur de la mort et la sacralisation de la souffrance (ainsi Job. Ou encore Jésus, qui a dû se sacrifier -paraît-il- pour faire du bien. Et même Jésus crucifié, en tant qu'image "sainte". Enfin la pénitence trop souvent morbide, anti-vie... Remarquons à propos que la pénitence pourrait être une bonne chose si elle était pratiquée sans morbidité, sans abaissement ni haine de soi, et si elle était tournée avec amour vers la vie ; car la pénitence ne doit pas nous détourner de la vie, mais juste des comportements néfastes qui nous font du mal).

Le refus de l'euthanasie est un crime contre l'humanité que les pans conservateurs et religieux de la société s'efforcent de perpétuer (ce "jugement"  ne signifie pas que les individus à tendance conservatrice et religieuse soient "coupables" ni méprisables ; je ne parle pas en termes de faute et de culpabilité, mais en termes de conditionnement et d'erreur, de cause et d'effet ; à propos, il semble que ces gens soient nettement minoritaires dans l'Occident chrétien-démocratique, mais qu'ils soient relativement nombreux dans les sphères d'influence).

Le refus de l'euthanasie pose la question du droit à disposer de son propre corps... et du droit à disposer de sa propre vie.

Dans les sociétés de l'abondance, l'individu dispose déjà de son propre corps pour choisir de subir telle ou telle opération chirurgicale médicale préventive (par exemple le retrait des dents de sagesse quand leur poussée future risque de poser d'importants problèmes) ou curative.
S'il en a les moyens, il dispose aussi de son propre corps pour choisir d'en modifier l'apparence ; c'est là qu'intervient la chirurgie esthétique (nez, lèvres, seins, etc...).
Pourquoi l'individu ne disposerait-il pas de son corps pour échapper à une grande souffrance ?

Le corps n'est pas sacré en tant que tel.
Le corps est sacré :
- parce qu'il constitue le véhicule de l'âme d'une personne
-il lui permet d'être en relation au monde, de se mouvoir, de percevoir, d'être perçue, et de s'exprimer-.
- parce qu'il est sensible à la souffrance (ce qui devrait nous faire considérer, soit dit en passant, la façon dont nous traitons certains animaux que nous élevons pour les manger : eux aussi ont un corps sensible à la souffrance, et nous devrions les respecter en évitant de les faire souffrir). La violence exercée volontairement contre le corps d'un être vivant sensible à la souffrance est un critère pour qualifier certains comportements de "barbarie", et pour punir pénalement ces comportements. Songeons à propos que le corps a des besoins fondamentaux (logement, chauffage en hiver, se laver, vêtements, nourriture, et parfois des médicaments) qui sont assez coûteux, et que si les puissances économiques font aux individus un "chantage aux besoins du corps" (je te presse comme un citron, je te paye mal, et si tu n'es pas content tu prends la porte), il est alors clair qu'elles organisent leur prospérité et leur expansion en s'appuyant sur la barbarie (merci de le méditer, à commencer par les dirigeants et actionnaires).

En Occident chrétien-démocratique, même la plupart des religieux, pour lesquels le corps nous est donné par Dieu, ne s'opposent pourtant pas vraiment à ce qu'un individu dispose de son corps pour se soigner ou se rapprocher de ses critères de beauté.
Aussi le fond du problème soulevé par l'euthanasie ne serait-il pas tant le droit de disposer de notre propre corps que celui de disposer de notre propre vie ?

D'un point de vue a-religieux, toute personne dispose d'elle-même.
S'agissant des personnes non-religieuses, il n'y a donc a priori pas de problème concernant l'euthanasie, dès lors qu'elle est encadrée pour éviter les abus et dérives.

Examinons donc à présent le point de vue religieux.
D'un point de vue religieux, toute personne fait partie du monde, lequel appartient à Dieu... Et cela priverait soit-disant l'individu de son droit à disposer de lui-même, vie inclue...

Cette approche religieuse me paraît incohérente. En effet, selon les textes "sacrés" et les traditions, une âme humaine est créée pour l'éternité (à ce propos, les religions -notamment le Christianisme et l'Islam- enseignent qu'il existe un enfer et un paradis) et en ce sens, une euthanasie ne peut y mettre un terme : même si elle s'accompagne sans doute parfois d'un état d'abattement de l'âme, l'euthanasie n'achèverait donc que le corps.
Partant, selon cette approche religieuse, une personne qui est euthanasiée à sa demande ne dispose pas de la vie que Dieu lui a donnée : elle ne dispose que de son corps.
Or le corps, on l'a vu, n'est pas sacré en tant que tel, mais pour ses qualités et pour les possibilités qu'il offre.

Au final, la question se réduit à voir si nous pouvons choisir de quitter la vie terrestre pour poursuivre notre vie dans l'au-delà.

Si la personne n'est pas "sauvée" avant sa mort, elle est supposée aller en enfer, mais pas au paradis. Le fait qu'une personne ne soit pas "sauvée" est parfois retenu comme un argument pour dire que si elle mourrait, cela la priverait de toute possibilité de conversion ou de repentir, et la priverait donc de salut. En conséquence, il ne faudrait pas l'euthanasier.

Penser ainsi, c'est d'une part oublier qu'on demande aussi aux personnes pieuses et souffrantes de ne pas recourir au suicide, car le suicide est considéré comme un péché. Si une personne souffrante se convertissait, les religieux ne lui permettraient pas pour autant l'euthanasie. Donc la question du salut religieux de l'âme n'est qu'accessoire dans le débat sur l'euthanasie.

D'autre part, on ne voit pas pourquoi Dieu ne pourrait pas sauver les âmes de personnes après qu'elles aient quitté leur corps. La Bible indique que Jésus n'a pas tout enseigné à ses disciples, que tout ne figure pas dans son propre texte (Jean 16, 12-13), et que le Saint-Esprit viendra compléter l'enseignement donné par Jésus en temps voulu ; la situation des morts peut faire partie de ces enseignements complémentaires.

La Bible indique aussi que Jésus s'est rendu en Sauveur au séjour des morts (en hébreu : le "Sheol" ; les Chrétiens parlent d'une descente du Christ aux enfers) pendant les trois jours qui se sont écoulés entre sa mort et sa résurrection, pour y annoncer la Bonne Nouvelle (lire Hébreux 13, 20 ; 1 Pierre 3, 18-20 ; 1 Pierre 4, 6 ; Jean 5, 25).

Dans de très nombreux cas de figure, les personnes qui meurent ne sont pas réputées "sauvées" -ne serait-ce que parce qu'elles ne font pas partie de telle religion-, et si Dieu ne pouvait pas sauver les âmes des défunts, cela mettrait le plan de salut divin en échec ; oubien cela ferait de Dieu un tyran arbiraire qui condamnerait une immense partie de l'humanité uniquement parce qu'elle n'est pas née dans un pays où telle religion (supposée être "la vraie") est influente. Donc Dieu peut certainement sauver des âmes après la mort du corps. D'où l'idée de purgatoire -ou, pour certains, de réincarnation-. D'ailleurs que serait une damnation éternelle infligée en réponse à des péchés ponctuels et/ou à un état de péché hérité à la naissance-, sinon une injustice ?

Parenthèse : a-t-on vraiment besoin d'être "sauvés" ?
Certains ont besoin d'être sauvés, mais pas parce qu'ils n'appartiennent pas à telle ou telle religion, ni parce qu'ils ne pratiquent pas vraiment (les commandements formels de telle ou telle religion) : on a besoin d'être sauvé quand on est désespéré, qu'on ne se sent pas vraiment aimé, qu'on ne s'aime pas, et qu'on n'aime pas. Et le salut en question, ce n'est pas croire soudain aux dogmes de telle ou telle religion, mais c'est apprendre qu'on est par nature aimable et précieux, et que notre nature, malgré la corruption, la destruction et la souffrance, reste toujours présente et pure : il faut alors renouer le contact avec elle. Cette nature, on peut l'appeler "le souffle divin", l'Esprit de Dieu, par lequel Dieu a donné la vie à l'Homme, tout en le faisant à Son image" (Genèse 2, 7 ; Genèse 1, 26-27). C'est uniquement en ce sens que les religions peuvent sauver : si elles aident les individus à vivre dans l'estime de soi, et dans l'amour de soi et d'autrui. Et ce n'est pas toujours le cas, loin s'en faut. Il faudrait passer les religions et leurs prêcheurs au "contrôle technique", si je puis dire...
Fin de la parenthèse.

Récapitulons.
Si la question du salut de l'âme est sans importance pour examiner si nous avons le droit de choisir de quitter notre vie terrestre pour la poursuivre dans l'au-delà, il reste à s'interroger sur ce que Dieu souhaite pour nous quand Il nous place sur terre, en nous faisant naître. Si notre incarnation a un but, quel est-il ? Et de quels moyens dispose-t-on pour réaliser ce but ?

A priori, on peut légitimement penser que si Dieu est Dieu, Il est bon, et que par conséquent, Il nous veut du bien, c'est-à-dire du bonheur. Il nous place sur terre pour que nous y soyons heureux (dans le récit biblique de la Création, on lit que Dieu a créé l'homme et la femme et les a bénis : Genèse 1, 27-28), ce qui implique  certes que nous y apprenions un certains nombre de choses : maîtrise de soi, frugalité, partage, etc...

Nous souhaite-t-Il gratuitement du malheur ? Non, sinon Il ne serait pas Dieu, mais un sale pervers. Nous souhaite-t-Il alors du malheur pour nous faire expier des fautes ?

Selon la Bible, Dieu ne fait pas porter la faute des parents par les enfants (Ezéchiel 18, 2 à 4 : Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d'Israël : "Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées" ? Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Eternel, vous n'aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici, toutes les âmes sont à moi ; l'âme du fils comme celle du père, l'une et l'autre sont à moi ; l'âme qui pèche, c'est celle qui mourra).

On peut alors s'interroger sur le cas des enfants morts-nés, et sur celui des enfants qui sont atteints dès leur naissance ou dans leur tendre enfance par une maladie grave et incurable : si Dieu ne fait pas porter par quelqu'un la faute de quelqu'un d'autre, alors les souffrances de l'enfant seraient dues à ses propres fautes ?! Cela semble absurde, car l'enfant est innocent, dans le sens où même s'il peut lui arriver de faire le mal, il est irresponsable ; a fortiori le bébé, qui ne peut même pas faire le mal, est-il innocent !  Mais alors, d'où viennent ces souffrances d'un enfant ou d'un bébé ? Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'elles ne sont pas méritées. On peut ajouter que même s'agissant d'adultes, et même d'adultes ayant fait du mal (je ne parle pas ici d'extrêmes comme Hitler ou Jack l'éventreur), les terribles souffrances qui les frappent parfois ne sont pas non plus méritées.

Ainsi, toujours selon la Bible, on voit que des malheurs et souffrances peuvent frapper des gens sans qu'ils les aient mérités : Luc 13, 1 à 5 : En même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Il leur répondit : "Croyez-vous que ces Galiléens aient été de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de la sorte ? Non, je vous le dis (...). Oubien ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu'elle a tuées, croyez-vous qu'elles aient été plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis".

Donc les malheurs et souffrances qui peuvent frapper une personne ne viennent ni d'une volonté "divine méchante" (si l'on peut se permettre d'accoler de tels adjectifs ! ), ni d'une volonté divine de punir. Ainsi les souffrances engendrées par une maladie ne sont pas non plus le reflet d'une volonté divine quelconque (toutefois certains considèrent que cela permet à la personne de progresser sur le plan de son âme, par différentes prises de conscience d'importance vitale ; mais si Dieu est bon et doux, Il ne va pas utiliser des moyens violents et cruels pour s'adresser aux gens ; dans 1 Rois 19, on lit que l'Eternel n'a pas manifesté sa présence au prophète Eli par la tempête, ni par le tremblement de terre, ni par le feu, mais par un murmure doux et léger ; dans 1 Samuel 3, on lit que Dieu s'est adressé au jeune Samuel en l'appelant par son prénom. Dieu agit et communique avec Sa bonté et Sa douceur. Et si une maladie frappe quelqu'un, ce ne peut être que l'occasion de prises de conscience ; bien des gens sont frappés par la maladie sans être transformés par telle ou telle prise de conscience ; la maladie n'est pas en elle-même voulue par Dieu --Dieu qui a tout Son temps et toute son Eternité pour nous parler--, mais on peut tenter d'en tirer quelque chose de positif).
 
Si donc les qualités du corps s'altèrent, voire se pervertissent pour se retourner contre la personne, la rendre incapable de mener une vie normale et en plus la faire grandement souffrir, alors le corps n'est plus du tout sacré, et le fait que l'âme vive au sein du corps perd aussi son caractère sacré. En effet, loin de permettre d'expérimenter les desseins divins de Dieu pour l'être humain (bien-être, relations libres, action libre, etc...), le fait que l'âme demeure dans le corps est devenu une malédiction, et la personne qui souffre peut légitimement choisir de se séparer de son corps pour mettre fin à ses souffrances.

Car si selon les textes sacrés et les traditions, Dieu donne aux humains un corps, Il ne règle cependant pas tout par avance pour que nous n'ayions plus de discernement à exercer, ni de choix à faire, ni d'action à mener. Par exemple, et pour rester dans la thématique de la maladie et de l'euthanasie, on peut dire que si une personne qui ne fait pas de sport et qui se nourrit mal tombe malade, ce n'est pas la volonté de Dieu, ni une punition, mais la simple conséquence naturelle de ses actes quotidiens. Elle n'a pas "mérité" d'être malade, mais sa maladie n'a rien d'étonnant.

Si Dieu faisait tout en nous déresponsabilisant, nous ne serions pas face à un Dieu d'amour qui veut nous voir grandir dans une liberté responsable, mais face à un tyran qui nous prend pour des pantins programmables (malheureusement, bien des gens très conditionnés sont abaissés au niveau de "pantins programmés"...). Le jeu divin avec ses créatures, et particulièrement avec les êtres humains, n'est pas celui d'un enfant capricieux maltraitant ses jouets ; c'est un jeu de grands amoureux.

S'il fallait rester passifs, en estimant que tout ce qui est "naturel" est dans chaque cas particulier l'expression d'une volonté de Dieu, on pourrait aussi bien ne pas lutter contre les maladies, car elles aussi seraient donc envoyées par Dieu !
A la limite, le seraient-elles, il nous faudrait agir -et Dieu attend que nous agissions-, avec les moyens dont nous disposons : si l'on peut soigner, soignons ! Si l'on peut éviter les souffrances (grâce à la morphine, etc...), alors évitons les ! Si on ne peut les éviter, alors soyons à l'écoute des personnes qui souffrent, pour leur permettre de ne plus souffrir, fut-ce en mourrant, si elles le souhaitent. Et permettons à celles qui refusent de finir par être réduites à une "chose" douloureuse et/ou droguée de refuser un tel "futur".

Quand le corps ne remplit pas son rôle et se met à torturer une personne qui en vient à demander l'euthanasie, c'est un comble d'inconscience (et le conditionnement religieux, qui n'empêche pas par ailleurs une certaine libération de s'opérer par le biais de la pratique religieuse sincère, voile et aveugle certains pans de notre conscience), ou de cruauté, que de refuser cette euthanasie. Refuser l'euthanasie à qui la demande, c'est s'acharner à se situer dans le droit fil d'un Torquemada...

Religieusement parlant, le corps n'est qu'un véhicule, un outil ; et l'âme est éternelle ; c'est uniquement en tant que réceptable de l'âme que le corps est appelé "temple de Dieu" (1 Corinthiens 3, 16 ; 1 Corinthiens 6, 19-20). Aussi les arguments religieux contre l'euthanasie (interdiction de mettre fin à toute vie humaine) sont-ils sans fondement, même religieusement parlant. La vie du corps n'est pas un critère pertinent, et la vie de l'âme est éternelle -avec ou sans le corps-.

Et comme le fait que cette vie de l'âme ait lieu au sein du corps ou non ne saurait contrarier les plans divins pour l'être humain, on ne voit pas pourquoi Dieu serait contre le fait que des êtres humains prennent des initiatives, surtout quand ces initiatives viennent du respect de soi, de la compassion pour autrui, du dialogue débouchant sur un accord.





par Jonas en sa baleine publié dans : suicide, euthanasie et religions communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 12 avril 2008
 Trois très bons livres d'inspiration plutôt (légèrement) chrétienne :

 - "Dialogues avec l'Ange", recueillis par par Gitta Mallasz
     C'est un livre d'un accès relativement difficile. Il est emplit de beauté,
     de force, de noblesse et d'exigence.
 - "Conversations avec Dieu", tome 1, de Neale Donald Walsch
     Un livre sympathique, vivant et libérateur.
 - "Le Pouvoir du Moment Présent", Eckhart Tolle
    Un livre profond et subtil, qui propose des exercices pour qu'une
    bonne alchimie intérieure puisse s'opérer en nous !

Un excellent livre axé sur les relations humaines (relation à l'autre, mais aussi à soi-même et à la vie) :
- "Relations et jeux de pouvoir", Jean-Jacques Crêvecoeur

Je ferais bien de les relire, tiens ! ça m'aiderait à mieux les mettre en pratique, lol !
 
par Jonas en sa baleine publié dans : BIBLIOGRAPHIE communauté : Religions en toute liberté
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