"(...) Jupiter très bon et très grand supporte les inepties des poètes, dont l'un lui met des ailes, un autre des cornes, un autre en fait un adultère qui découche, un autre le fait cruel envers les autres dieux, un autre injuste envers les hommes, un autre ravisseur et corrupteur de gens libres et même de ses proches, un autre parricide et usurpateur d'un trône qui n'était pas à lui et appartenait à son père. L'effet de tout cela n'était rien d'autre que d'ôter aux hommes toute honte de mal faire s'ils avaient cru que les dieux fussent tels."
Sénèque, "La Vie heureuse", XXVI, 6.
L'anthropomorphisme religieux et ses effets
anthropomorphisme :
Du grec anthropos, homme, et morphê, forme.
Tendance à attribuer aux objets naturels, aux animaux et aux créations mythiques des caractères propres à l’homme.
(Larousse)
Lien vers une page de la revue Etho-logique qui mentionne cette définition de l'anthropomorphisme par le Larousse :
link
L'anthropomorphisme peut être d'ordre physique ou psychologique.
L'anthropomorphisme physique appliqué à une divinité consiste à lui attribuer un corps, ou à lui attribuer un ou plusieurs organes (par exemple,
des yeux) ou membres (par exemple, des mains). Les religions qui mettent fortement l'accent sur la transcendance divine (Judaïsme, Islam) récusent violemment toute forme d'anthropomorphisme
physique, et cherchent à souligner que Dieu ne saurait ressembler à aucune de ses créatures, pas même à l'être humain ; selon cette conception, attribuer un corps à Dieu, c'est Le ramener au
niveau limité de Ses créatures.
Or les textes de ces religions de la transcendance comportent des expressions qui semblent à première vue attribuer un corps à la divinité. Par exemple, il est question dans le Coran des "mains"
de Dieu, et aussi du "Trône" de Dieu (d'Allah, pour être plus précis). Il s'agit bien entendu d'expressions métaphoriques, mais certains Musulmans qui prennent le Coran au pied de la lettre se
laissent troubler par ces passages qui leur semblent aller à l'encontre de la transcendance divine.
Cet anthropomorphisme physique ne nous intéressera pratiquement pas dans la suite de cet article ; en effet, il semble bien moins subtil, ambigu, potentiellement dangereux ou bénéfique que
l'anthropomorphisme psychologique appliqué à une divinité.
En quoi consiste donc l’anthropomorphisme psychologique appliqué à une divinité ? C’est attribuer à cette divinité des caractéristiques de l’âme humaine, avec des émotions, une certaine sentimentalité, et surtout un ego aux tendances insatiables, potentiellement violentes, rancunières et vengeresses ; un dieu qui veut avant tout être obéit, et « honoré » par l’accomplissement de rites.
Ici, il convient de poser LA question qui s’impose clairement : une telle entité peut-elle être
divine, si tant est qu’elle existe en présentant de telles caractéristiques ? Si une telle entité est à la fois puissante et dépourvue de qualités morales extrêmement élevées, alors
quelle différence morale y a-t-il entre une telle entité et un tyran humain ? La grande puissance sans morale très élevée n’est-elle pas monstrueuse ? N’est-il pas naturel de la
redouter si l’on croit qu’elle existe ? Comment croire qu’une entité moralement aussi « rase-mottes » et « moche » puisse être à l’origine d’un monde aussi complexe
et beau que le nôtre ? Est-ce bien du respect et de l’amour qu’une telle entité mériterait de notre part ? N'est-il pas courageux et noble de la rejeter (clin d'oeil aux athées) ?
Mais surtout : une telle entité existe-t-elle, ou est-elle le fruit de nos projections laides, qui nous masquent la beauté pure et glorieuse qui pourrait couronner une vraie
divinité ?
Voici, dans le droit fil de LA question, quelques citations d'Epicure, philosophe de la Grèce antique - ce qui est entre parenthèses est un ajout de Jonas en sa baleine, capitaine tâtonnant de ce blog- :
"Pense d'abord que la divinité est un être vivant, indestructible et bienheureux... et ne lui attribue
rien qui ne s'accorde pas avec cette béatitude".
"L'être bienheureux et incorruptible n'a pas de soucis, et n'en suscite à personne ; ainsi il n'est sujet ni aux colères, ni aux bienfaits (tout au moins s'agissant de bienfaits venant d'un sentiment d'être l'obligé de quelqu'un -on "n'achète pas" la divinité-, ou d'un sentiment de culpabilité). Car tout sentiment de ce genre naît dans un être faible".
"L'impie n'est pas celui qui nie les dieux de la foule, mais celui qui applique aux dieux les opinions de la foule".
"La prière est appropriée au sage, non que les dieux s'irritent si nous ne la faisons pas, mais par
réflexion sur leurs natures supérieures en puissance et en excellence".
Fin de LA question.
Je retourne à la description de ce que peut donner une projection de nos limites et travers humains sur la divinité. On se retrouve alors avec un dieu à « l’amour » conditionnel, et dont le discours peut être résumé ainsi : « Je t’aime et te bénis si tu M’obéis ; si tu me désobéis, je t’enverrai tous les malheurs du monde et ainsi je te pourrirai la vie et te ferai la peau »… Lire à ce propos, dans la Bible, ce que Dieu dit (soit-disant) au peuple d’Israël : Deutéronome 28 pour les bénédictions si les Hébreux obéissent à Dieu, et Deutéronome 29 pour les malédictions si les Hébreux lui désobéïssent… On a affaire à un dieu jaloux, et qui n’hésite pas à le dire explicitement ! (Ainsi, dans la Bible : Exode 20, v 5, et aussi Deutéronome 5, v 9).
Par analogie, on peut dire que de tels versets à la justification de crimes passionnels, il n’y a qu’un pas… Et de tels versets à la justification théologique des pogromes et du génocide contre les Juifs, il n’y a aussi qu’un pas... qui a déjà été franchi aussi bien par certains « chrétiens » … que par certains Juifs religieux qui estiment que leurs coreligionnaires persécutés et massacrés ont été punis par Dieu pour ne lui avoir pas vraiment obéi, c’est-à-dire pour s’être permis d’être insuffisamment religieux ! Les religieux chrétiens et musulmans invoqueront quant à eux parfois certains textes « sacrés » pour expliquer que ce que le peuple juif a subi vient du fait qu’il s’entête à ne pas se convertir… et pas, comme par hasard, de l’intolérance et des préjugés terribles à l’encontre des Juifs ---intolérance aux racines religieuses, tant dans le monde « chrétien » que dans le « monde musulman » (oui, je sais, il y a des versets tolérants dans le Nouveau Testament et dans le Coran, y compris envers les Juifs ; le problème, c’est qu’il y en a d’autres bien moins sympathiques, et en écrivant cela, je fais de la litote ! )---.
Parenthèse -- Certains pourront voir dans cette interprétation tordue et monstrueuse de religieux (pogromes et génocide « justifiés » puisque venant soi-disant de la « Justice de Dieu ») un exemple parmi tant d’autres du fait que la religion n’apporte pas forcément la sagesse et le discernement ; ce qui apporte sagesse et discernement, c’est une passion indéfectible pour la vérité ainsi que de l’humilité et du courage pour aller auprès de multiples « (res)sources », y compris opposées, pour écouter, apprendre, réfléchir –en sachant que la capacité de raisonner logiquement nous a été donnée par la divinité pour qu’on en fasse usage-, expérimenter, et remettre en question notre univers mental et nos points de repère. N.B. : évoquer « la vérité » n’exclut pas, à mes yeux, la multiplicité de facettes de cette vérité, ni son évolutivité sous plusieurs aspects- ; rappelons aux religieux que cela pourrait contrarier que dans ce monde matériel, ce qui n’évolue pas n’est pas vivant, et que si nous sommes placés par la divinité dans ce monde matériel, ce n’est pas pour lui tourner le dos, mais pour vivre noblement en son sein, et qu’il appartient à chacun de trouver et choisir personnellement de quelle façon il peut vivre avec une telle noblesse –cette noblesse étant l’esprit même de la vie religieuse ou « spirituelle »-.
"Nul ne se trompe seulement pour son propre compte, mais il est la cause et l'auteur de l'erreur d'autrui. Il est nuisible, en effet, d'être attaché à (aux croyances de) ceux qui nous précèdent : chacun préférant croire plutôt que juger, on ne porte jamais de jugement ("personnel") sur la vie, on est toujours dans la croyance ; et l'erreur transmise de main en main nous remue en tous sens et nous mène à notre ruine".
Sénèque, "La Vie heureuse", I, 4. Les mots entre parenthèses sont ajoutés par Jonas en sa baleine, capitaine tâtonnant de ce blog.
Conséquence humaines négatives de l’anthropomorphisme psychologique appliqué à une divinité.
Les humains conditionnés par une religion présentant ces caractéristiques d’anthropomorphisme se sentent potentiellement menacés par leur divinité, et ne peuvent vivre sereinement qu’au prix de rituels superstitieux : du sacrifice –parfois sanglant- aux offrandes de fruits et de fleurs, en passant par les dons d’argent, les pénitences, les prières, les jeûnes et les pèlerinages. Bref, ces religieux superstitieux ne peuvent pas vivre heureux d’une façon naturelle : seul l’accomplissement de rites leur donne accès à une certaine paix intérieure, voire à une assurance et à la satisfaction de se savoir sur LA bonne voie (hélas pas « sur l’UNE DES bonnes voies », d’où conflits, abus et souffrances), et de pouvoir se permettre le luxe (dangereux) de ne plus douter…
Je parle de religieux « superstitieux », car les religieux ne sont pas tous autant victimes de tels conditionnements. Par exemple, en France, il y a heureusement bien des croyants de culture catholique qui prennent leurs libertés vis-à-vis du Catéchisme de l’Eglise catholique et vis-à-vis des recommandations du Pape (par exemple en pratiquant le concubinage, et en utilisant les préservatifs même au sein du couple) tout en sachant que cela ne les mènera nullement en enfer, et que Dieu lui-même ne réprouve pas leurs choix !
Comme le chantait Stevie Wonder dans son tube « Superstition » : « When you believe in things that you don’t understand, then you suffer » (quand tu crois en des choses que tu ne comprends pas, alors tu souffres).
Car les croyances ne sont pas toutes inoffensives… Chaque individu devrait pouvoir examiner librement les croyances fondamentales qui lui ont été présentées –même quand elles sont censées être des « paroles de Dieu »-, et pouvoir les remettre en question à sa façon, dans le respect de lui-même et d’autrui. Il ne s’agit pas de s’opposer par principe aux enseignements religieux, mais de pouvoir ne pas les accepter a priori, de pouvoir au contraire les examiner librement et faire nos choix, qu’ils soient conformes ou non avec ces enseignements. Si la divinité est vraiment divine, Elle nous aime, et respecte notre liberté et notre cheminement, avec les risques que cela comporte ; Elle ne veut pas nous mettre sous une chape de plomb de religiosité bigote qui lie ses victimes dans du prêt à penser, du prêt à ressentir, etc…, bref dans des préjugés. (Ce que j’écris dans ce blog vient en grande partie de ma propre expérience… Je conseille vivement à ceux et celles qui vivent en milieu religieux et qui veulent se respecter en exerçant courageusement leur libre-arbitre et en écoutant leurs saines soifs… de mener, au moins dans un premier temps, leur quête dans le secret le plus total, afin de se protéger et de pouvoir parcourir leur chemin sans entraves ; c’est encore plus indispensable si la personne qui veut mener cette quête se trouve dans une situation de dépendance -par exemple une dépendance économique-, à l’égard du milieu religieux dans lequel elle évolue. Oui, j’insiste : que cette quête soit son aventure en même temps que son jardin secret ! Bien entendu, ces chercheurs et chercheuses peuvent chacun prier Dieu comme ils le faisaient auparavant, ou différemment s’ils en éprouvent le besoin et s’ils sont seuls –à moins qu’ils sachent prier intérieurement, sans prononcer aucun mot, dans une totale discrétion ; vous pouvez par exemple prier intérieurement en faisant la vaisselle ou le ménage ! Il n’y a qu’une immense liberté avec Dieu, dès lors qu’on se tourne vers Lui en toute sincérité-. Et surtout, que ces chercheurs et chercheuses gardent bien en mémoire que Dieu, bien loin de les maudire, les bénit et les accompagne dans leur quête).
On l’a vu plus haut : certaines des croyances assez répandues dans le monde et qui sont loin d’être inoffensives viennent précisément de notre acceptation irréfléchie, sous le conditionnement familial et/ou communautaire et culturel, de l’idée (inconsciente) que Dieu présente bien des caractéristiques psychologiques humaines.
Autres conséquences humaines « en cascade » de l’anthropomorphisme appliqué à la divinité :
Les religieux superstitieux sont installés dans leur train-train sécurisant de superstitions –et de rites qui marquent leur soumission à la divinité et qui leur permettent de se sentir « appaisés » (on peut considérer –discrètement-- à leur propos qu’on a affaire à une sorte de business bas de gamme : « soumission à 2 balles, bonne conscience à 2 balles, discernement à 2 balles, et paix à 2 balles »).
En plus, comme ils passent généralement le plus clair de leur temps libre à se fréquenter (lieu de culte, réunion d’étude religieuse et/ou de prière, actions de prosélytisme en groupe), ils se confortent les uns les autres dans leurs certitudes, et ils se sentent existentiellement comme dans un nid douillet.
La vie areligieuse leur semble dangereuse (je ne préconise pas particulièrement la vie areligieuse, mais
pourquoi la percevoir comme essentiellement dangereuse et la présenter trop souvent comme systématiquement impie voire débauchée ? Les religieux n'ont pas le monopole de la conscience
morale, et certains agnostiques et certains athées sont des personnes admirables, pleines de qualités morales.
L’être humain est (parfois potentiellement) rempli de qualités et d’atouts ; il peut apprendre une multitude de choses, de comportements, etc… Il peut même parfois métamorphoser son regard
et sa vie intérieure, voire extérieure ! Ne peut-il apprendre à se diriger dans le monde ? C’est Dieu qui lui a donné cette capacité, afin qu’il l’utilise !). Et en dehors de leur
communauté, les religieux superstitieux trouvent le "monde", qui leur paraît hostile -ou comme un terrain de lutte prosélyte-, car il ne se soumet par à leur divinité, il ne se reconnaît pas dans
les rites avec lesquels ils ont la prétention d'honorer la divinité (la divinité telle qu’elle leur a été présentée, qui peut différer sensiblement de la Divinité véritable). De tels religieux
superstitieux payent donc un prix –leur formatage mental et leur pratique religieuse- pour le maintien de leur ordre psychique et pour leur paix intérieure.
Ils ne se contentent malheureusement pas de cela !
Inconsciemment, ils ne peuvent supporter de voir que quelqu’un puisse être plutôt en paix et heureux sans être religieux comme ils le sont, ou sans recourir à leur religion, voire dans certains cas sans recourir à une religion quelle qu’elle soit. C’est l’une des raisons (je n’aborde pas ici cette autre raison : le maintien de l’identité religieuse au sein d’une famille) pour lesquelles ils s’efforcent de convaincre les autres, en commençant en général par leurs proches –notamment les membres de leur famille-, mais espèrent que toute la société, voire un Etat et même le monde entier, vont rejoindre leur communauté religieuse. Inconsciemment, ils ne veulent surtout pas avoir souffert, fait certains renoncements, observé une discipline, payé un prix, etc… pour rien ! Il peut exister, de façon inconsciente et très dissimulée, un aspect « vengeur » dans ce prosélytisme : « j’ai renoncé à ceci et cela, observé des règles religieuses, etc…, et je voudrais que les autres fassent de même, pour que nous soyons tous logés à la même enseigne ». En étant prosélytes, ils confortent leurs propres convictions et leur sensation d’avoir fait LE bon choix… Ce qui augmente leur assurance et leur satisfaction.
De plus, ils cherchent, avec une forme de paternalisme tyrannique, à partager leur religiosité --qui représente pour eux la principale source de satisfaction, et qui les assure un peu facilement d’avoir trouvé un « sens » à leur vie-- (parenthèse : la vie vraiment vécue n’a-t-elle pas un sens en elle-même, dès lors qu’on s’efforce d’être responsable et à l’écoute ? alors pourquoi vouloir lui trouver un sens a priori ?). Ils se sentent ainsi « responsables », « généreux », « ouverts », et « serviteurs de Dieu » !
Et ce faisant, ils « empoisonnent » allègrement les personnes qui sont sous leur coupe ou leur influence, et qui auraient besoin d’un peu d’ « air » ! Il leur faut à tout prix perpétuer les mêmes repères et modes de vie ; c’est pire qu’une chaîne de montage à l’usine ! Où sont la liberté individuelle, le respect de la personne, la confiance en nos capacités ? Ces capacités nous ayant été données par Dieu (je parle du point de vue religieux, pour être compris par les religieux ; cela dit, mon langage est celui d’un religieux non pas superstitieux, mais libre), c’est douter de Dieu que de douter de ses dons, quand il s’agit de les utiliser dans les situations normales de la vie.
Voici encore deux exemples négatifs de ce que l’être humain peut faire pour échapper à ses peurs
superstitieuses concernant une divinité tyrannique et susceptible :
- le confessionnal -dans le Catholicisme-, où l'on confie parfois à un être humain ce qu'aucun être humain ne devrait entendre au regard du respect de l'intimité personnelle (car cette intimité se trouve parfois violée du seul fait de la confession, même si le prêtre respecte le secret de confession ; ceci sans nier que certaines personnes se sentent vraiment mieux après s'être confessées, se sachant "pardonnées" selon les mots de la Bible : "Si vous confessez vos péchés, Il est bon et juste pour vous pardonner, et vous purifier de toute iniquité").
- les indulgences, pratique moralement très discutable, qui relève du marchandage et des privilèges de caste, qui a subsisté assez longtemps dans le Catholicisme.
Aspects positifs de l'anthropomorphisme appliqué à une divinité :
- une divinité relativement semblable à nous, c'est-à-dire qui peut parfois nous comprendre, et faire preuve de compassion envers nous.
Mais là encore, on peut se demander au préalable si l'on a vraiment affaire à une divinité : en effet, si une entité se trouve soumise aux limites, manques, craintes et souffrances, en quoi est-elle une divinité ? Peut-être par ses vertus supérieures de droiture, de discernement et d'amour ? Ce serait le cas de Jésus, selon le Christianisme : incarné volontairement, et devenu ainsi vulnérable aux souffrances -du corps, mais aussi de l'âme-, Il nous comprend, nous autres humains, et peut se montrer authentiquement compatissant à notre égard ; ses paroles d'amour, d'encouragement et de morale ont les accents d'une vérité qui est à même de nous toucher. De même, les avatars -c'est-à-dire les incarnations successives de divinités "hindoues"- s'incarnent par compassion, pour guider l'Humanité et lui faire du bien en lui apportant des références sûres et une bonne énergie ; ainsi les principaux avatars du dieu Vishnou : Rama(chandra), héros du Ramayana, et Krishna, guide du héros humain Arjuna dans la Baghavad-Gita). Il est assez "facile" d'aimer sincèrement une telle divinité, qui peut représenter aisément les plus beaux aspects de nous-mêmes, ainsi que nos idéaux et nobles espoirs. Dans le Christianisme, l'incarnation fraternelle du Christ, d'Emmanuel (Im Anou El = Avec Nous Dieu), tempère la majesté si haute, lointaine et écrasante de la Divinité transcendante (à titre de comparaison, le Judaïsme nous présente un Dieu plus essentiellement transcendant, mais qui cherche à guider et soutenir les humains, et qui devient parfois l'ami de tel ou tel être humain, n'hésitant pas à se lier par des relations et engagements envers tel ou tel individu ; quant à Allah, le Dieu que nous présente l'Islam, Il est encore plus transcendant : s'Il est présenté comme miséricordieux au début de presque toutes les sourates du Coran, Il ne se lie jamais vis-à-vis de l'être humain : il n'y a que Lui, le totalement souverain, qui décide ce qui Lui plaît -par exemple égarer certains humains en les faisant sombrer dans la confusion, pour les condamner finalement à un enfer de tortures éternelles-).
NB : Certes, Jésus ou encore les avatars de l' "Hindouïsme" ont été dotés d'un corps, mais l'accent est mis par les textes "sacrés" et les traditions sur leur être éternel. Autrement dit, leur incarnation, que l'on peut considérer comme une sorte d'anthropomorphisme physique, ne porte pas préjudice à leur caractère de divinités éternelles. Et si cette incarnation peut sembler réduire leur pouvoir, il faut garder à l'esprit que selon les textes et traditions, les divinités incarnées nous enseignent à dépasser notre ego et ses craintes, à ne pas utiliser la violence pour satisfaire notre ego, et à prendre soin de nos âmes, à les ennoblir, à les considérer comme plus précieuses que notre corps. Dans une telle perspective, les pouvoirs surhumains sont sans intérêt.
- une divinité qui peut devenir une sorte d'ami(e) au quotidien.
Elle peut le devenir d'autant plus qu'on la sait amicale, à notre écoute, et qu'on est touché par son incarnation qui lui a fait quitter sa gloire et son invulnérabilité (puisqu'ayant un corps, elles peuvent souffrir) par amour pour les humains. C'est ainsi que par une "interaction" quotidienne, le regard et la vie d'une personne peuvent changer positivement.
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